vendredi 17 mai 2013

La tête en friche


«Ce qu'ils mettent au dos des romans, je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment écrit pour vous donner l'envie. En tout cas, c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi. Que des mots à coucher dehors - inéluctable, quête fertile, admirable concision, roman polyphonique... -et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement : c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour -ou d'Indiens. Et point barre, c'est tout».

Marie-Sabine Roger joue du plaisir des mots avec humour et intelligence. Le tour de force de ce roman tient aussi dans l'émotion qu'il suscite chez le lecteur. Un roman «populaire», dans le très bon sens du terme ! (Amazon)

Mon avis : 
Fraîcheur, tendresse et attendrissement... un homme qui s'exprime comme il peut avec les mots restreints qu'il trouve dans son propre répertoire mais qu'il emploi avec une telle pureté, une telle pertinence. Ses échanges avec Margueritte sont savoureux. 
Une vraie lecture détente où il vous arrivera de fondre plus d'une fois. 

Ma note : 4/5

14 de Jean Echenoz


Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d'entre eux. Reste à savoir s'ils vont revenir. Quand. Et dans quel état.

Comme il l’avait fait pour Courir et Des éclairs, c’est Jean Echenoz lui-même qui lit 14, donnant ainsi à son roman cette dimension d’intimité et d’humanité que ne peut écraser le terrifiant chaos qui va broyer des millions d’hommes. (Amazon)

Mon avis : 
Des descriptions physiques, un texte en perpétuel mouvement, des états, une narration à la 3e personne et des personnages dont trois qui occupent le coeur de l'histoire. "14", l'année de la mobilisation, le commencement de l'horreur... cette oeuvre se lit et doit se lire d'une traite pour vivre ce récit dans son intégralité. Les phrases sont longues mais rythmées par des virgules encombrantes, ce qui donne une "vie" à cette histoire. On s'imagine aisément à la place de chaque personnage. Je n'ai pas particulièrement apprécié cette lecture mais une fois dedans, bizarrement, on ne la lâche plus. L'auteur a un style très personnel que je n'ai encore jamais rencontré chez d'autres. Très particulier. 
Un grand merci à Marie-Cécile pour cette lecture. 

Ma note : 2,5/5

dimanche 28 avril 2013

La chambre ardente

Et si le Versailles de Louis XIV cachait derrière ses splendeurs « un abîme de crimes » ? Le Roi-Soleil lui-même a institué une « Chambre ardente » chargée d'enquêter et de juger. Mais peut-on poursuivre la favorite du roi, la marquise de Montespan, soupçonnée d'avoir empoisonné des rivales et usé de philtres et de poudres pour retenir le roi et ranimer ses ardeurs ? Max Gallo raconte la célèbre affaire des poisons. Il nous conduit dans les bas-fonds du Grand Siècle, là où l'on célèbre des messes noires et prépare des « poudres de succession » qui facilitent les héritages. « Il y a des modes de crimes comme d'habits », écrit Saint-Simon. Du temps de Louis XIV, « ce n'étaient qu'empoisonnements ». (Amazon)

Mon avis : 
Ce qui se passe à la Cour est digne d'être représenté sur la scène de la Comédie Française. La plupart des courtisans ou courtisanes ont fait appel à la Voisin pour l'élaboration d'un poison, d'un philtre ou autre mixtures diaboliques. La Montespan était une férue de ces breuvages qu'elle faisait administrer à ses rivales. Ce petit livre nous livre un "constat" des faits. Intéressant mais un peu redondant. On comprend que cette Chambre Ardente a été créée pour qu'empoisonneurs et ensorceleurs en tout genre se fassent juger mais la tâche est ardue : il ne faut surtout pas livrer des noms connus. Les condamnations sont atroces : les coupables sont brûlés vif ou pendus avant d'avoir été torturés. 
Quelle famille que celle de la Cour et quelles atrocités renferme-t-elle !

Ma note : 2,5

La Princesse de Clèves

Obéissant aux recommandations de sa mère, l innocente Mlle de Chartres épouse le prince de Clèves. Au cours d un bal, la jeune femme rencontre le duc de Nemours et ressent pour lui une passion dévorante à laquelle elle refuse de céder. Dans ce roman majeur du xviie siècle, Mme de Lafayette décrit avec minutie les tourments de la princesse de Clèves, déchirée entre désir et devoir.(Amazon)

Mon avis : 
Quelle belle histoire ! Pleine de pudeur.... dirai-je. Malgré sa fidélité envers son mari, la princesse de Clèves a bien du mal à garder secret son amour pour Monsieur de Nemours. Son mari l'a épousée par amour et un mari comme monsieur de Clèves, mari fidèle et amoureux, ça ne court pas les rues. La fin est triste. Madame de Clèves, femme honnête et vertueuse, a préféré condamner son bonheur et se faire oublier. Une histoire que je relirai volontiers. Lire cette belle histoire en l'écoutant est pur plaisir.

Ma note : 5/5

vendredi 26 avril 2013

Après le tremblement de terre


Atypique, Haruki Murakami l'est à bien des égards. Né à Kobé en 1949, ce lettré qui a étudié la tragédie grecque se prend de passion pour les États-Unis. Il ouvre un club de jazz à Tokyo. Ce n'est pas assez. Il part en Amérique et devient le traducteur de Fitzgerald et Carver en langue japonaise. Il écrit aussi. Déjà cinq romans, parmi lesquels L'éléphant s'évapore, paru au Seuil. 
Après le tremblement de terre est un recueil de nouvelles inédites, écrites en 1995, sous le choc du tremblement de terre de Kobé. Murakami pose dans chacune de ces six nouvelles un rapport avec l'événement tragique. Mais l'écrivain en dégage un autre sens. Pour la femme de Kamura, le tremblement vu à la télévision lui fait comprendre que son mari ne lui apporte plus rien. Elle le quitte, sans dire un mot. L'évocation du tremblement peut à l'inverse faire surgir chez d'autres personnages le sentiment amoureux ou encore, plus curieusement, le fantastique, comme dans cette nouvelle où une grenouille géante vient avertir un petit employé médiocre de l'imminence de l'événement. L'écriture de Murakami est étonnante, combinant le vide et le plein. On sent que l'auteur s'efforce à l'épure, mais que la puissance émotionnelle est là, extrêmement vive, à l'image de ces deux personnages qui décident un soir, devant un feu de camp, de mourir ensemble et finalement s'endorment. Une leçon de vie et de style. --Denis Gombert --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Présentation de l'éditeur
Un mois après le tremblement de terre de Kobe en 1995, les secousses continuent dans le coeur des Japonais... Les séismes intérieurs déplacent les solitudes ordinaires, réveille les consciences endormies ou ravive le feu de la vie. A travers six variations, Murakami effleure, avec une infinie délicatesse, la faille intérieure présente en tout être. (Amazon)

Mon avis : 
C'est un auteur qui a une culture littéraire assez dense, d'ailleurs, souvent il cite des noms de grands auteurs comme Jack London, Nietzsche et autres. 
C'est un recueil de nouvelles. Des nouvelles dans lesquelles le tremblement de terre de Kobe de 1995 est souvent cité. Des récits qui n'ont ni queue ni tête mais qui se lisent plus ou moins bien car l'auteur nous force à aller jusqu'au bout. Beaucoup de questions existentielles sont évoquées. 
Que dire de cette lecture ? Murakaimi Haruki est un auteur au style "étrange" qui nous livre un certain suréalisme qui ne nous laisse pas indifférents; Il a l'art de laisser un "après-goût" une fois la lecture terminée.  

Ma note : 2,5/5

mardi 23 avril 2013

Cousine K

L’enfance n’est pas toujours un paradis perdu. Elle peut être, bien au contraire, un monde fait d’injustices et de frustrations. Et qu’y a-t-il de plus terrible, pour un enfant, sinon de se voir négligé par une mère qui sait si bien adorer le frère aîné, et d’être le souffre-douleur d’une cousine tellement admirée. Par bribes, et sans pathos, le passé resurgit  Un roman poignant et dérangeant où le lecteur assiste de l’intérieur au mécanisme qui pousse un être simple à la folie meurtrière. (Amazon)

Mon avis : 
L'auteur nous fait découvrir sa splendide poésie à travers le texte qu'il nous livre aux couleurs des métaphores. Il parle de la jalousie et de l'indifférence qui peuvent nous conduire jusqu'au seuil de la folie ou nous y noyer. Ce texte est une énumération poétique des états d'âmes, des souffrances du narrateur. 
"Elle était un chant de flûte, un bonheur menu, et elle perlait comme un lac de rosée. Le soir, quand elle rejoignait le lit, le mur languissait d'elle au point de porter le deuil jusqu'au matin."
Une lourde atmosphère vous écrase tout au long de la lecture. C’est beau, cruel, sublime et atroce en même temps.

Ma note : 2,5/5

dimanche 21 avril 2013

L'incroyable histoire de Halcyon Crane


Un simple courrier peut changer une vie. Halcyon Crane découvre ainsi, en recevant la lettre d’un notaire, que sa mère qu'elle croyait morte vivait encore jusqu'il y a très récemment. Pourquoi son père, qu'il l'a élevée seul, lui a-t-il menti ? Qu'a-t-il pu arriver, trente ans plus tôt, pour qu’il décide de lui cacher la vérité ? Hallie part chercher des réponses sur une île isolée de la région des Grands Lacs, où sa mère a vécu et où l'attend le manoir dont elle a hérité. Là-bas, elle va comprendre que les secrets de sa famille sont étroitement liés à l'histoire des autochtones… et que d'étranges phénomènes sont sur le point de se produire…

Inclassable, ce roman flotte entre fantastique et policier, dans une atmosphère victorienne où sorcières et revenants prennent vie dans le subconscient de l’héroïne […]. Véronique Maurus, Le Monde des livres. (Amazon)

Mon avis : 
Envoûtante, captivante, ensorcelante... quelle histoire! Très réussie, pas un temps mort, on ne lâche plus le livre jusqu'à la fin.  Sont-ce des esprits? Des apparitions spectrales? Un traumatisme psychologique? Une énigme qui éclate au grand jour dans les derniers chapitres. Wendy Webb est une sacrée conteuse !
Ce fut un vrai coup de coeur !!

Ma note : 5/5+++

Jiazoku = Maëlle Lefèvre

Kabuchiko, le quartier le plus dangereux de Tokyo, territoire des yakusas. Daisuke, membre du redoutable clan Kobayashi, dirige un vaste rés...