vendredi 31 mai 2013

Un coeur simple

L'Histoire d'un coeur simple est tout bonnement le récit d'une vie obscure, celle d'une pauvre fille de campagne, dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu'elle soigne, puis son perroquet ; quand le perroquet est mort, elle le fait empailler et, en mourant à son tour, elle confond le perroquet avec le Saint-Esprit. Cela n'est nullement ironique comme vous le supposez, mais au contraire très sérieux et très triste. (Amazon)

Mon avis : 
Que dire à ce récit ? Félicitée, devenue la servante d'une veuve bourgeoise... on suit son évolution avec grand intérêt en se demandant à chaque page tournée quand cette pauvrette allait enfin pouvoir vivre pour elle. Les descriptions sont magnifiques et ne freinent pas le rythme. Je ne sais pas comment décrire cet instant passé avec ce récit de FLaubert mais on se sent enveloppé de compassion. 

Ma note : 3/5

mardi 28 mai 2013

L'appel du pied

Revue de presse
Sujet : Deux jeunes adolescents japonais se retrouvent dans le même lycée et donc dans la même classe. Leurs états d'âme vont servir de trame au récit. En effet, l'adolescent est un fan obsessionnel d'un mannequin japonais. Muré dans cet univers solitaire, il collectionne les photos, les vêtements et les gadgets de la jeune fille. Sa seule amie est une adolescente asociale et en crise mais qui le fascine car elle a eu le bonheur de croiser son idole...
Commentaire : Ce roman imprégné du désespoir de la jeunesse japonaise laisse un profond malaise après sa lecture. La vie est donc si triste, si solitaire et sans espoir. Il n'y a aucune vie de famille, ces jeunes japonais sont laissés seuls devant les vicissitudes de la vie et l'on reste mal à l'aise devant cet univers si peu compréhensible. Le style très moderne emploie le langage familier des jeunes entre eux. Il est à noter que même la conception de l'amour est vue sous un autre angle : il passe par la force et la contrainte. Finalement ces jeunes que l'on laisse si seuls partent tout doucement vers une dérive, et pourquoi pas vers la mort. En lisant ce genre d'ouvrage, on comprend le désespoir devant la vie des jeunes japonais et pourquoi il y a tant de suicide chez eux. -- www.choisirunlivre.com --Ce texte fait référence à l'édition Broché .

Présentation de l'éditeur
A dix-neuf ans, Wataya Risa est la plus jeune lauréate jamais couronnée du prix Akutagawa, le Goncourt japonais. Et l'histoire qui a conquis le jury et le public japonais n'est sans doute pas très éloignée de sa propre expérience de lycéenne, il n'y a pas si longtemps. Ce journal intime d'une jeune fille qui n'arrive pas à s'intégrer dans sa classe est au plus près des sensations, de la contradiction des sentiments qui affleurent sous la surface unie des apparences. De ces moments où l'on cherche un sol ferme sous ses pieds, pour s'aventurer à la découverte de la vie. Et lorsqu'on se sent attirée par un garçon qui vit confiné dans sa passion pour un mannequin vedette, on aimerait bien le réveiller de son rêve pour qu'il fasse ses premiers pas avec vous, sur ce chemin incertain.
Une chronique sensible, et pleine d'humour, de cet âge oscillant entre la nostalgie d'une enfance innocente et la naissance, presque malgré soi, de ce qui pourrait bien s'appeler l'amour. (Amazon)

Mon avis : 
J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'esprit de cette adolescente, un maillon solitaire. ce récit nous est présenté sous forme de monologue pour la plupart des passages. Tout en étant un récit narratif, c'est aussi un texte où l'on découvre les réflexions profondes de la jeune fille. 
Le style est particulier et je trouve courageux de s'être attaqué à une traduction comme celle-ci. Pas évident à retranscrire dans notre langue car les deux cultures sont bien trop différentes. 

Ma note : 2/ 5

dimanche 19 mai 2013

Tous les matins du monde


Présentation de l'éditeur
Le violiste Marin Marais, au crépuscule de sa vie, se souvient de son maître, Sainte Colombe. Janséniste austère et intransigeant, Monsieur de Sainte Colombe cherche la perfection en tout. A ses côtés, le jeune Marin Marais apprend la viole de gambe bien sûr, mais aussi l'amour avec Madeleine. Alain Corneau a réalisé Tous les matins du monde comme s'il peignait une toile tout en clair-obscur. Au son lancinant de la viole de gambe répondent la voix de Gérard Depardieu et la langue épurée de Pascal Quignard. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Quatrième de couverture
«Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l'ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse.Il se prit de nouveau à pleurer doucement. Ils allèrent jusqu'à la barque. L'ombre de Madame de Sainte Colombe monta dans la barque blanche tandis qu'il en retenait le bord et la maintenait près de la rive. Elle avait retroussé sa robe pour poser le pied sur le plancher humide de la barque. Il se redressa. Les larmes glissaient sur ses joues. Il murmura : - Je ne sais comment dire : Douze ans ont passé mais les draps de notre lit ne sont pas encore froids.» (Amazon)

Mon avis : 
Un chef d'oeuvre, une écriture qui vous transmet la passion de cet homme qui ne vit que pour l'amour des notes, plongé dans le chagrin qu'il éprouve de ne pas pouvoir (savoir?) communiquer avec le monde extérieur. Un homme brisé par l'amour que la détresse (la vieillesse?) alourdit ses compositions. Monsieur de Sainte Colombe ne connait pas seulement la musique, elle coule dans ses veines et habite son âme.   
Il y a tant de passages touchants que je ne saurais lequel vous présenter... un petit bijou à savourer mot par mot, page par page... 

Ma note : 5/5

vendredi 17 mai 2013

La tête en friche


«Ce qu'ils mettent au dos des romans, je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment écrit pour vous donner l'envie. En tout cas, c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi. Que des mots à coucher dehors - inéluctable, quête fertile, admirable concision, roman polyphonique... -et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement : c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour -ou d'Indiens. Et point barre, c'est tout».

Marie-Sabine Roger joue du plaisir des mots avec humour et intelligence. Le tour de force de ce roman tient aussi dans l'émotion qu'il suscite chez le lecteur. Un roman «populaire», dans le très bon sens du terme ! (Amazon)

Mon avis : 
Fraîcheur, tendresse et attendrissement... un homme qui s'exprime comme il peut avec les mots restreints qu'il trouve dans son propre répertoire mais qu'il emploi avec une telle pureté, une telle pertinence. Ses échanges avec Margueritte sont savoureux. 
Une vraie lecture détente où il vous arrivera de fondre plus d'une fois. 

Ma note : 4/5

14 de Jean Echenoz


Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d'entre eux. Reste à savoir s'ils vont revenir. Quand. Et dans quel état.

Comme il l’avait fait pour Courir et Des éclairs, c’est Jean Echenoz lui-même qui lit 14, donnant ainsi à son roman cette dimension d’intimité et d’humanité que ne peut écraser le terrifiant chaos qui va broyer des millions d’hommes. (Amazon)

Mon avis : 
Des descriptions physiques, un texte en perpétuel mouvement, des états, une narration à la 3e personne et des personnages dont trois qui occupent le coeur de l'histoire. "14", l'année de la mobilisation, le commencement de l'horreur... cette oeuvre se lit et doit se lire d'une traite pour vivre ce récit dans son intégralité. Les phrases sont longues mais rythmées par des virgules encombrantes, ce qui donne une "vie" à cette histoire. On s'imagine aisément à la place de chaque personnage. Je n'ai pas particulièrement apprécié cette lecture mais une fois dedans, bizarrement, on ne la lâche plus. L'auteur a un style très personnel que je n'ai encore jamais rencontré chez d'autres. Très particulier. 
Un grand merci à Marie-Cécile pour cette lecture. 

Ma note : 2,5/5