vendredi 7 juin 2013

La mauvaise rencontre

«La mauvaise rencontre» est un beau livre qui se mérite. Il faut être patient, accepter de feuilleter avec l'auteur un album de souvenirs d'abord classiques, se mettre au diapason de cette voix entrée dans la remémoration. Peu à peu on perçoit les indices d'un drame, on devine les personnages, jusqu'à se trouver bouleversé par l'issue poignante. Une fois connu le dénouement, l'envie vient de relire le commencement. Il ne faut pas s'en priver tant il est vrai que, dans une personnalité comme dans une histoire, bien des éléments invisibles sont là dès le début. Le trouble est garanti...
Philippe Grimbert sait admirablement détacher et nommer des sentiments éprouvés dans la confusion de soi-même et le tourbillon du présent. Le tissu de son texte est léger et perspicace : chaque chapitre court écrit une aventure ou un portrait, souvent les deux à la fois, puisque les actes révèlent les hommes. (Alice Ferney - Le Figaro du 30 avril 2009 )
Après «Un secret», Philippe Grimbert plonge avec «La Mauvaise Rencontre» dans les mystères d'une amitié fusionnelle, et tragique. La confidence est son métier, bien sûr. Mais l'art de mener un récit intimiste s'apprend-il sur un divan ? On souhaite en tout cas à Philippe Grimbert d'avoir eu des patients qui racontent les histoires aussi bien que lui. Car l'auteur de «Chantons sous la psy» sait y faire quand il s'agit de dévoiler, comme à tâtons, à l'aide de petites phrases aux ambitions mesurées, de digressions qui n'en sont jamais et d'amorces saupoudrées avec parcimonie, «quelque chose qui était là depuis le début, mais que personne ne pouvait encore imaginer»...Ce pourrait être agaçant, arbitraire, virer au pur procédé machiavélien, cette façon de promener des hameçons sous le nez du lecteur pour le contraindre à tourner les pages. Mais ici, le pressentiment diffus d'une inquiétante étrangeté est le sujet même du roman : roman d'un homme confronté à ses «fantômes»; roman d'une amitié qui, érigée en absolu, peut s'avérer aussi puissante, vorace et délétère que le plus fou des amours. (Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 30 avril 2009 )Présentation de l'éditeur

Dans la vie de Loup, le narrateur, trois personnages comptent plus que tout : Nina, la mère qu’il s’est choisie, Gaby, amie de Nina, fantasque et rebelle et Mando, avec lequel, depuis la petite enfance, s’est nouée une amitié indestructible. Les deux garçons se complètent, Loup est indécis, Mando plus entier. Aux jeux d’enfants succèdent les premières conquêtes. Mando note tous les événements de « leur » vie dans un carnet, inscrivant, au fil des mois et des années leur histoire commune, telle qu’il la perçoit. Etudiants, ils vont choisir des voies différentes. Loup découvre la psychanalyse et se trouve un mentor en la personne du Professeur, personnage qui ressemble beaucoup à Lacan. Mando vit cela comme une trahison. C’est seulement à la fin de cette histoire, au moment où tout basculera dans une conclusion tragique, que Loup en comprendra les ressorts cachés. Quels abîmes cette amitié à la vie à la mort recouvrait-elle ? Loup, peu à peu, le découvrira et cette révélation fera vaciller son existence. Il connaîtra la blessure inguérissable des promesses non tenues, cette lourde chaîne qui, à jamais, nous attache à nos fantômes.

Mon avis : 
Cette histoire nous plonge au coeur d'une amitié entre deux garçons. On les suit depuis leur enfance, ils grandissent ensemble mais très vite l'ambiance devient étouffante, lourde. La mort est omniprésente, l'abandon, la perte, les silences deviennent bruyants et l’incompréhension perdure. On apprécie l'avancée de l'histoire qui avance par petits chapitres, on se pose des questions sur la nature de cette relation amicale et les personnages nous quittent chacun leur tour jusqu'à ce que Loup, le narrateur et l'ami d'enfance de Mando, plonge dans une solitude insoutenable.   
L'écriture est très belle. 

Ma note : 3/5

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